14 janvier 2013 - Tristesse, incrédulité, impuissance, incompréhension

Lundi 14 janvier, une matinée de choc, de tristesse, d'incrédulité, d'impuissance, d'incompréhension. Irréel. La tristesse, l'incrédulité, l'impuissance, l'incompréhension. Cela résume ce que chacun ressent. Cela ne peut pas être vrai. C'est effroyable.

Il y a 7 semaines à peine, Harte était encore là, il y a 7 semaines à peine, Harte allait au cours de danse, il y a 7 semaines à peine, après une journée de maladie, elle est allée à l'école pendant deux jours sans aucun problème. Il y a 7 semaines à peine, Harte souriait encore et était la gaieté même. Incroyable. Le 30 novembre, maman est allée avec Harte à Bonheiden parce qu'elle avait la grippe et était probablement déshydratée. Elles allaient rentrer chez elles le 1er décembre...

« Vous voulez prendre Harte sur vos genoux ? » demandent les médecins à papa. Un regard surpris. La peur dans les yeux. Qu'est-ce qu'ils me demandent maintenant, pense-t-il. Oui, dit papa avec hésitation. Il se met sur la chaise, les médecins lui mettent Harte dans les bras. Un moment étrange, soudain le début du deuil.

Maman est arrivée entretemps. Grand-père et grand-mère la déposent devant le hall d'entrée. Maman monte en courant. En entrant dans la pièce, elle voit papa assis avec notre chère Harte sur ses genoux... Ce n'est pas vrai, cela ne devrait pas arriver, c'est notre princesse, c'est une erreur, une telle erreur... Il y a beaucoup de pleurs. Au bout d’un moment, maman prend la place de papa et retient Harte pendant des heures. La vie de Harte a commencé dans le giron de maman et maintenant, juste après six ans, cette vie est terminée. C'est une erreur, une telle erreur... Pendant ce temps, grand-père Jef et grand-mère Mieke entrent. La perte d’une petite-fille, leur rayon de soleil. Il y a encore d'autres appels, tous les membres de la famille ne sont pas encore au courant. Maintenant, ce n'est plus « ce sera pour aujourd'hui », mais « Harte vient de nous quitter ». Terrible. Maman n’arrive pas à dire un mot, elle veut juste tenir Harte dans ses bras.

Dans le courant de la matinée, les autres arrivent également. Lieven, Grand-mère Paule, Tijl, Jenne et Wout. Et plus tard Toon, tante Lieveke et tante Annemie. Sur les conseils du pédiatre, Tijl et Jenne sont venus aussi, mieux vaut qu’ils vivent ce moment avec nous. Tijl pleure quand il voit maman et papa pleurer auprès de Harte. Il prend les deux mains de maman. Jenne grimpe tout simplement sur Harte, comme s'il voulait jouer avec elle. Il lui touche les yeux, met son doigt dans sa bouche, caresse ses cheveux... Et quand il voit Tijl pleurer, il dit : « Tijl bobo », et il va consoler son frère, l'embrasser et lui donner des baisers.

Vers midi, maman et papa sont prêts. Maman aide à laver Harte, on la fait « belle » et elle est habillée. Noëlla du service dépose deux tulipes auprès d’elle. Nous restons encore longtemps avec elle et en début d'après-midi, elle est emmenée à la morgue. Maman et papa s'assoient seuls pendant un moment, discutent de certaines choses... Tout s'est passé très vite et de manière inattendue, maman et papa ne savaient même pas comment eux-mêmes ils envisageaient les obsèques. À l'église ou ailleurs, une crémation ou un enterrement... des choix fondamentaux que nous n'aurions même pas pu faire auparavant, tellement c'était inattendu, mais maintenant nous ne pouvons pas faire autrement.

Et avant même qu’on ne s’en rende compte, on est déjà occupé à résoudre des questions pratiques. Sur le chemin du retour, nous passons par l’entrepreneur de pompes funèbres Pues, que grand-père Jef et grand-mère Mieke connaissent bien. « Juste pour voir quelles sont les possibilités », dit papa. Il n'est pas du tout prêt pour cela. Mais très vite des décisions sont prises, les funérailles doivent déjà être planifiées et organisées. Date, lieu, modalités, lettre de deuil, carte commémorative, cercueil, fleurs...

À 17 heures, maman et papa sont à la maison : une maison vide, chaotique et froide. Nous ne devons pas nous préoccuper de Tijl et Jenne pendant un petit temps. Ils restent chez grand-mère Paule jusqu'à la fin du dîner, après quoi ils vont dormir chez grand-père Jef et grand-mère Mieke. Tante Lieveke et les enfants dorment aussi chez papy et mamy . Ils ont aussi besoin de se réconforter mutuellement... Maman et papa sont un peu perdus à la maison. Maman prend un bain, papa range un peu la maison et nous prenons le temps de publier les terribles nouvelles sur le blog de manière positive et avec une image forte. Et exceptionnellement aussi sur facebook, ceci concerne tout le monde.

Maman et papa veulent partager leur chagrin ce soir-là avec de vrais amis. Els (Dubin), Tina, (Els) la Lagrou, Vicky, (Els) la Vercammen, Bart et Ellen, Mie, Carole, Berit et Lieven, Tanne et Kristof prennent tous du temps pour nous. Nous parlons et nous pleurons, nous vivons des moments de silence, nous rions prudemment, nous noyons nos chagrins. Pendant ce temps, dans la rue, de nombreuses bougies brûlent spontanément aux fenêtres et devant les portes, tout le monde est en deuil, cela fait chaud au cœur.


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